Les assurances, la batterie de l'appareil photo, du doliprane, la carte de crédit, le passeport, la mutuelle, une lampe de poche, 10 culottes, un chapeau, les traveller chèques, les réservations... Je repasse tout dans ma tête depuis une semaine. Est-ce que j'oublie quelque chose ? J'espère que non. Amen à tout les gens qui m'ont aidé à penser aux choses anodines ici, mais qui deviennent indispensables là-bas.
Nous avons aussi fait provision de nombreux “miyage” dans les boutiques souvenirs du Vieux Lyon. Les “miyage”, ce sont les petits cadeaux que l'on s'échange au Japon. Il est normal d'offrir aux personnes de son entourage deux miyage par an. A son patron, à ses voisins, à ses collègues de bureau, à sa famille, quand on commence un nouveau travail, quand on rencontre des gens, il est recommandé d'offrir un miyage. Cette pratique est entourée de certaines règles de politesse, qui nous semble bien obscures, à nous les européens. On ne doit jamais offrir un miyage contenant des objets en nombre pair, ou pire encore un miyage contenant 4 objets, “quatre” en japonais se prononçant “shi” qui est un synonyme du mot “mort”. La personne qui reçoit le miyage ne l'ouvre pas immédiatement, mais le garde pour plus tard, quand la personne qui l'a offerte est partie. Nous avons donc battu le pavé de la rue Saint Jean pour trouver des miyage “français”. Et c'est là que l'on s’est rendu compte que toutes les petites boutiques de souvenirs locaux étaient tenues par des étrangers. Paradoxal quand on y pense non?
J'essaye de ne pas trop penser aux semaines qui arrivent. Même si je les attends depuis maintenant un an, je ne veux pas trop me projeter. On avancera jours par jours, semaines par semaines. Il ne sert à rien de s'effrayer par avance des obstacles qui nous attendent. Est-ce qu'en revenant je regarderais les rues de Lyon différemment ? Le fait de partir crée déjà en moi une certaines tendresse pour ces places, ces immeubles, et ces lyonnais qui font partie de mon quotidien.
On a déjà un semblant de programme pour les jours qui nous attendent: Nous partons lundi matin, à 8h15 de l'aéroport Saint Exupéry. Une heure plus tard nous sommes à Londres. Nous avons une longue attente avant le prochain avion (et oui, nous connaissant, il valait mieux compter large, histoire qu'on se perde un peu). Vers 13h nous nous envolons vers le Japon. Va-t-on manger japonais ou anglais à bord ? A moins que ce ne soit l'inimitable bouffe d'avion, dont l'origine est inconnue et le contenu douteux. Le lendemain à 9h10, nous atterrissons (insh'allah) à l'aéroport de Narita.
J'ai eu quelques petits problèmes avec la notion de décalage horaire. J'étais convaincue qu'on partait lundi, et qu'on arrivait...lundi. Mais oui voyons avec le décalage horaire...+ 8h, - 2h, en partant de Greenwich que l'on multiplie par le Tropique du Cancer... non vraiment ? Bref, la conséquence est que nous n'aurons pas une minute pour souffler le premier jour. Donc comme je l'ai dis nous arrivons à 9h10 à Narita, à 11h nous devons être à l'auberge de jeunesse pour s'enregistrer, et à 14h30 nous démarrons notre premier interview, en compagnie de Maika, une amie d'amie, d'amie, d'amie, de la sœur du grand père d'une amie, et de Sophie et Louise des voyageuses et interprètes de passage qui par un heureux hasard sont à Tokyo et à Kyoto en même temps que nous. Nous parlerons des Ainu, puisque Maika écrit en ce moment une pièce sur la première femme Ainu qui a transcrit leur langue en japonais.
J'avais programmé une rencontre avec un étudiant lyonnais qui bosse à Tokyo, avec qui j'avais pris contact par l'intermédiaire de son blog (http://nicdumz.blogspot.com/). Le “hic”, c'est que je l'avais programmé le lundi soir...je vous ai dit il y a vraiment un truc qui tourne pas rond entre moi et le décalage horaire... Donc pour l'instant, c'est entre parenthèse. Le lendemain soir, nous rencontrons Yuka et Akiko, d'autres amies, pour discuter des droits des femmes au Japon.
Voila pour les jours qui viennent. Allez, le départ n'est plus très loin maintenant...
Camille