vendredi 11 septembre 2009

Point de vue croisé

 
Dimanche 19 Juillet, sur le lit mezzanine de Choé, à la guest house “Ino's place”, à Sapporo

La journée de dimanche a été plutôt tranquille. Comme il pleuvait des trombes d'eau et que nous voulions nous poser un peu, nous sommes plutôt restées sur place. Cette guest house est plus chère que ce que nous pensions (au passage petit cour de japonais: “takai”:chère), mais elle est beaucoup plus chaleureuse que toutes celles que nous avions visitées jusqu'alors. Le salon est grand et accueillant, avec un aquarium et de grandes bibliothèques.

Dans notre chambre dorment deux japonaises qui travaillent ici, et avec qui nous avons bien parlé. Que cela fait du bien ! Papote en japonais/anglais, avec des japonais ! L'une s'appelle Sakura (surnommée par la patronne de la guest houses “Saku”), l'autre Mai. Nous avons passé une soirée à tenter de comprendre quelles étaient les études de Mai, mais même avec toute la bonne volonté du monde et notre gros dictionnaire nous ne sommes arrivées qu'à un piètre résultat. Quelque chose avec des animaux domestiques, qui n'est ni une association de protection, ni un cabinet de vétérinaire, ni une animalerie...

 

Plus tard elle a sortie son Yukulele et a commencé à jouer. Nous avons regardé ensemble dans ses partitions si nous connaissions les même morceaux, mais malheureusement assez peu. Je lui ai donc demandé de m'en apprendre une japonaise. Elle a longuement réfléchit, et finalement a trouvé une jolie chanson assez nostalgique. Elle m'a donné une photocopie, et finalement, grâce à son aide et à celle de Chloé, j'ai recopié toutes les paroles qui étaient en hiragana en romanji pour pouvoir mieux lire. Nous avons alors pus déchiffrer, moi au chant, et elle au yukulele. Très jolie moment de partage. La musique possède un langage qui ne nécessite pas de mot. Une partition est un livre universel. Les “on reprend”, “c'est faux”, “on y est !” en japonais et en français se sont mêlés, sans qu'aucune de nous n'ai de difficultés à comprendre l'autre. J'ai promis de connaître la chanson samedi, j'ai du boulot !

Lundi 20 Juillet

Lundi matin très agréable. J'ai bien dormi, dans mon grand lit, sous ma grosse couette, sur cette îles où la température est NORMALE ! Nous vérifions les mails, rien de neuf. Nous appelons Sumie-san, mais son amie du salon de coiffure qui connait des membre de l'association "Ainu Art Project" n'est pas non plus disponible. Bon. Nous faisons alors un petit inventaire des différentes associations et pôles que nous trouvons sur Sapporo qui se rattachent aux ainous. Fu fu fu....C'est un véritable labyrinthe d'informations, et cela me fait un peu stresser. Rencontrer des docteurs, des chercheurs, c'est à dire des personnes faisant parties des plus grands spécialistes au monde sur le sujet des ainous (en dehors des ainous eux-mêmes). L'association “Ainou art project”, que nous ont indiquée à la fois Sumie-san et Nanako-san (le contact de l'assistante de Haruzo Harakawa-san de Chiba) à l'air génial, j'ai hâte de les rencontrer, des les entendre. Nous décollons vers 11h, après avoir mis tout cela au clair. Direction marché au poisson, en passant par la tour de télévision. C'est drôle comme Sapporo me semble plus sympathique que Kyôto alors que c'est une ville plein de building...

1)Il fait une température beaucoup plus supportable
2)Nous avons des contactes
3) Nous avons une vrai raison d'être là, directement rattaché au projet
4)Nous avons plein de perspective de rencontre dans la semaine, avec des JAPONAIS
5)Nous sommes dans une meilleure Guest House (moins bourrée de Gaijin sans cesse en train de nous demander ce que l'on a visité, et si l'on a bien rentabiliser notre journée)
6)...C'est mieux !


Le marché aux poissons recèle d'énormes crabes, de poulpes séchés, des coquillages. Nous trouvons un petit resto, avec thé au blé à volonté. Les bols ne sont pas bien grands, mais le poisson est divinement bon, et frais.(Par contre..la note est salée). Nous allons au jardin botanique, dans lequel se trouve un musée sur les ainous. Une forte odeur de colle embaume la petite maison en bois. C'est fou, j'ai l'impression de visiter une exposition sur l'art préhistorique, alors qu'il y a à peine une centaine d'année, les ainous vivaient encore de cette façon, avec très peu de moyens. La pièce regorge de pièges pour animaux, de manteaux de fourrures magnifiques, de flèches aux pointes empoisonnées...

Une vidéo sur la cérémonie de l'ours tourne en boucle sur un petit écran au centre de la salle. Elle me met très mal à l'aise. Les ainous vivent en totale adéquation avec la nature, pourtant la mise à mort de cet ours me serre le coeur. Le film est en noir et blanc, la foule se presse pour regarder l'ours mourir, et les nombreuses coupes de la vidéo donne l'impression que cela dure des heures. Nous finissons l'après-midi par une promenade dans les jardins. De très belles lumières traversent les feuillage, et une odeur de sous-bois humide accompagne nos pas. Pourtant les nombreux corbeaux autour de nous maintiennent la tension en moi. Ils sont loin d'être farouches, et leur regard intelligent donne l'impression qu'il comprennent ce qu'on dit d'eux. J'ai presque le sentiment d'être une sorte de trouble fête dans leur domaine.

Ce n'est pas fini...


Faute de temps, le blog n'a pas été mis à jour ces derniers temps... Veuillez nous en excuser!

Plutôt que de rédiger des articles, je vous proposerais dorénavant des extrait de mon carnet, afin de clore ce récit de voyage.
Dans le même temps, nous travaillons sur la rédaction de reportages pour notre association l'Oeil d'Hermès: www.oeil-hermes.fr

Il y a plein de travaux formidables, films, carnets de voyages, expos photos, articles, réalisés par nos amis à travers le monde! Je vous encourage à les découvrir, d'autant que nos productions les rejoindront bientôt.

Mais retournons là où nous en étions restés, faisant nos premiers pas sur l'île nordique d'Hokkaido...


Le 19 juillet, nous avons pris le train qui va de Otaru à Sapporo. Il surplombait une mer aux flots aciers sous le ciel nuageux. Des plages de galets et de pierres noires ou d'un gris foncé... De l'autre côté la forêt diluvienne, cette verdure et cette variété des formes des plantes qu'on retrouve d'un bout à l'autre du Japon. Notre train filait à travers ce paysage, poussant parfois ce sifflement que je prenais pour celui des machines à vapeur, celui du Poudlard Express dans Harry Potter...

La mer, enfin. Dans ces teintes métalliques, ces gris mystérieux, elle parait immense et sauvage.

Arrivées à notre nouvelle Guest House (le métro n'a que trois lignes, c'est d'une simplicité déconcertante), nous poursuivons sur notre lancée japonisante et discutons avec le personnel. En plus de la patronne, Miwa-san, une femme enthousiaste et très accueillante, un peu... surexcitée, du genre qui fait plein de choses et ne tient pas en place, il y a Sakura-san qui veut ouvrir sa propre Guest House dans sa ville natale, et Mai-san, qui souhaite faire une ferme pour animaux domestiques qui accueillerait des visiteurs. Enfin, si j'ai bien compris... On a mis plusieurs jours à déterminer ça, malgré le dictionnaire et l'aide de Sakura... Et puis le mari de Miwa, identifié comme tel récemment, un garçon charmant ma foi... Très timide. Par chance, Mai et Sakura logent dans notre dortoir. Malgré la barrière de la langue, Mai et Camille ont sympathisé à travers la musique, Mai accompagnant Camille au ukulélé lorsqu'elle chante. La chanson japonaise qu'elle lui a apprise trotte toujours dans un coin de ma tête.



Le quartier est plein de commodités, combinis, supérettes et restaurant.

Le 20 juillet, tous nos contacts sont occupés! On décide donc d'aller manger au marché aux poissons indiqué dans notre guide. Passage sous la Tour de Sapporo, réplique miniature de la Tour Eiffel, ou plus vraisemblablement de notre tour électrique de Lyon... On est sensé longer une rivière d'après la carte, mais le misérable canal qui court entre deux rangées de voitures fait peine à voir. Traversée d'une rue sans feu sur ces escaliers métalliques qui permettent de passer par au dessus, en ai-je déjà parlé?
Ils sont très courants et servent souvent à ne pas attendre au feu le passage au vert. C'est assez agréable de surplomber les rues, mais ils abiment un peu le paysage et je pense que c'est pour ça qu'on n'en trouve pas en France. La plupart sont vert foncé ou blanc cassé, d'une peinture plus ou moins écaillée...

Sashimi d'une fraicheur inégalée dans le marché couvert. Et glaces au lait, le lait d'Hokkaido étant des plus réputés. Nous sommes au pays des vaches. Camille préfère néanmoins celles à la crème que prépare son père. Je suis moins habituée à de tels produits frais et j'apprécie donc beaucoup. Il fait très beau. Pas si chaud, une température idéale.

Nous tentons de monter la Tour électrique citée auparavant, mais c'est payant et au dessus de nos moyens. On se contente du troisième étage, de la vue panoramique et des vitres inclinées qui donnent le vertige. Plus des magasins de souvenirs où on trouve même une mascotte en forme de... tour.
C'est assez incroyable le nombre de bestioles quel les japonais inventent, chaque marque, chaque lieu a le sien, et beaucoup ne sont même pas mignonnes, juste... bizarres. La société de consommation est peuplée par une faune de petites choses à l'air vivant. Peut-être le goût des japonais pour la nature ressort ainsi?