Comme vous l'aurez peut être compris, nous sommes enfin arrivées à notre ultime destination, la belle et sauvage Hokkaido (ça dépend des coins quand même :p). Avant de vous décrire ce nouveau lieu, laissez moi revenir un peu en arrière. Nous n'avons que peu décrit Kyoto, et cette ville mérite tout de même que l'on s'y arrête un instant. Nous avons passé une petite semaine dans une auberge de jeunesse assez sympa, bourrée de jeunes étrangers. Ça nous a bien changé de Tokyo. Je dirais même que cela a été même un peu dérangeant. Pour des touristes de passage, Kyoto est une ville incontournable. Nous qui venions surtout rencontrer des gens...nous avons eu un peu le sentiment d'être là sans but précis. Nous avons fait des visites d'endroits absolument magnifiques, cependant nous n'avons ni l'une ni l'autre eu le sentiment de « rencontrer »le Japon. Visiter pour visiter, non merci. Nos voisines de chambre collectionnaient les temples et les sanctuaires, les bars et les restaurants pendant que nous errions un peu désorientées. Nous n'avons parlé presque a aucun japonais. « What's your plan today ? », « what's your plan tonight ? » étaient les questions récurrentes, auxquelles nous avions de moins en moins envie de répondre.
Mais je ne vais pas cracher sur cette semaine pour autant. Nous avons pu remettre un peu à plat les événements de la semaine passée, et changer notre tactique d'interview. Nous avons rencontrer une guide touristique d'Hokkaido, Sumie-san, qui a accepté de répondre à nos questions sur les femmes, et sur Hokkaido. Elle nous a aussi donné de super contacts sur Sapporo, notamment des ainous de l'association « Ainu art projet », qui voyage à travers le monde, pour faire connaître leur culture. Encore une fois, voilà une rencontre qui tombe à point nommé !
Sumie-san, notre rencontre de Tokyo, inattendue, mais absolument charmante
J'ai beaucoup de mal a décrire les lieux que l'on a visité. Tout d'abord parce qu'ils n'ont pas grand chose a voire avec ce que l'on a chez nous. Atmosphère de sérénité pesante, silence concentré. A force de mixer le japonais(très mal), l'anglais(moyen) et le français(de pire en pire), les mots m'échappent. J'ai tenté via skype de décrire un peu les paysages à ma famille, mais j'éprouve des difficultés. Tout est là autour de moi, mais mon regard à changé, et je ne peux plus décrire à la façon des premiers jours, dans la surprise pemanente. Les choses se connectent peu à peu dans mon esprits, les éléments triviaux avec les attitudes des gens, et les pensées plus profondes sur lesquelles ils s'appuient. Je commence a voir un peu plus clair sur ce qui m'entoure. Je ne parle pas de compréhension parfaite, loin de moi cette idée, mais une sorte de réseau se crée ,de causes et de conséquence, qui s'influencent mutuellement. Alors je ne peux plus décrire les gens, les lieux ou les choses comme étant des “bêtes curieuses”. Bref, je vous met là quelques photos (qui ne sont pas d'assez bonnes qualité à mon goût, mais vous me direz que je suis perfectionniste), afin que vous vous fassiez vous même votre opinion. Peut être que plus tard j'y reviendrais, en tout cas pas maintenant, c'est trop frais.
Matsuri de Gion un quartier de Kyoto
Matsuri de Gion, un couple essayant de pêcher des poissons porte-bonheur
Au sanctuaire de Raijin, le dieux de la foudre à Kyoto
Sanctuaire d'Inari, la déesse renarde des récoltes
Les kilomètres de Tori (portes rouges) du sanctuaire d'Inari
Les Tori du sanctuaire d'Inari
Statue de la déesse Renarde
Le temple de bois du Daibutsu, à Nara.
A Nara, pause déjeuner.
Les statue des Gardien Inu
Parc de Gion-koen àKyoto
Parc de Gion-koen à Kyoto
Un des temple près de chez nous. pas plus de précision sur le nom...On peut aprecevoir près du groupe de personnes des branches d'arbre blanches. Ce sont les prédictions que les gens ont tirées à la bonne fortune. Si la prédiction est bonne il faut concerver le papier. Au contraire, si la prédiction est mauvaise, il faut l'attacher à la branche d'un arbre pour conjurer le sort.
Une des portes principales de Kyoto
Toit d'un temple
Berges du quartier de Gion
Nous avons finis par quitter Kyoto, pour nous rendre au port de Maizuru, où nous attendais le bateau pour Otaru. C'est une petite ville portuaire, assez étendue, mais pas très vivante. Il pleut drue, et nous n'avons pas de parapluie. Les K-way c'est bien, mais il faut avouer que nous manquons sérieusement de classe. Celui de Chloé est taché, et le mien se désagrège au fur et a mesure, laissant dans mon sillage des pellicules blanches. Nous laissons nos sacs dans le terminal et nous passons l'après-midi a écrire, lire, et a regarder les bêtises qui passent sur la télévision de la salle d'attente. Nous mangeons en ville, dans un petit restaurant à brochette très chaleureux. Vers 9h du soir le terminal a enfin commencé a se remplir, et nous constatons que nous sommes les deux seules gaijin à prendre le bateau(étranger). A 11h 45 nous embarquons enfin. Nous sommes un peu stressées, nous n'osons parler à personne, pourtant nous aimerions. Notre chambre n'est pas mal du tout, et nous la partageons avec une petite famille, deux garçons, une petite fille et leur mère. Je constate avec regret que je ne partage pas avec le Japon le même amour des oreillers durs...
Je sens à peine le bateau bougé, et je m'endort vite. A 8h,une voix nous réveil et nous annonce qu'il est temps de se lever si nous désirons prendre notre petit déjeuner. J'ai l'impression d'avoir dormi sur une machine à laver. Nous passons une matinée assez tranquille, et vers 11h nous nous installons dans des petits fauteuils près de hublot, donnant sur la mer. C'est un coin fumeur, et plusieurs groupes d'hommes discutent joyeusement autour de nous. Nous travaillons un peu, tout en les écoutant. La même gène pèse sur nous deux. Nous aimerions les aborder, mais comment? Toutes les phrases d'usage me viennent en anglais... Bon, a 10 j'y vais... “sumimasen, tabacco i deska ?”...ba oui, il faut bien trouver quelque chose. Le petit bonhomme a qui je demande est d'abord un peu désarçonné, mais il me tend gentiment son paquet et son briquet. Un instant de flottement...que dire...nous sommes françaises, nous ne parlons pas bien japonais. Flute, la discussion s'arrête là... La cigarette finie je regrette d'avoir dit cela. Cependant le petit monsieur japonais recroise mon regard, et me propose a nouveau une cigarette, que j'accepte. La discussion démarre enfin, avec lui et ses deux autres compagnons. Que cela fait du bien ! J'ai le sentiment que cela fait un mois que nous n'avons pas parlé ! Ce sont des motards, il viennent à Hokkaido faire de la route avec leurs engins. On discute itinéraire un moment, nous nous faisons offrir des boules de riz et des gâteaux salés, ainsi que du vin blanc ! En discutant, je réalise que le bateau arrive un jour plus tôt que ce que j'avais prévu...le boulet...décidément, moi et les dates, nous sommes fâchées ! Nos nouveaux amis nous proposent de téléphoner à une guesthouse pour nous, et de nous y emmener à l'arrivée du bateau dans le port de Otaru. Chouette ! Nous passons l'après-midi a parler avec eux, et avec d'autres fumeurs qui se rajoutent à la conversation. Nous avons eu des propositions assez douteuses de la part d'un cinquantenaire qui a tenu a nous inviter chez lui a Sapporo, en précisant qu'il était marié à Kyushu, mais qu'à Sapporo il était célibataire...merci beaucoup, mais non. Au port d'Otaru nos amis japonais nous embarquent dans leur van, et nous dépose à la guesthouse. Vraiment charmants.
Nagai-san, Onô-san, et Yu-J la chienne
Finalement me fait remarquer Chloé c'est quand il y a des imprévues que c'est vraiment l'aventure.
Camille
